Nissim Black : le rappeur noir américain devenu Juif orthodoxe

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Nissim Black : le rappeur noir américain devenu Juif orthodoxe

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De loin, il ressemble à un étudiant en Torah ‘Harédi en chemin pour la synagogue ou un cours de Torah. Veste noire, chapeau noir, tenant une grande Guémara en main. Lorsqu’il se tourne vers vous, la première chose que vous repérez, ce sont les yeux brillants. Son visage est plaisant. Je l’ai aperçu de loin à Ouman, au sommet de la prière de Roch Hachana, se balançant avec ferveur pendant la Téfila. Je l’ai une nouvelle fois vu, de plus près cette fois-ci, lorsque nous nous sommes attablés dans la maison du Rav ‘Haïm Katz. Lorsqu’il ouvre la bouche, le son qui en sort est très mélodieux, mais sa prononciation révèle son origine étrangère.

« Il s’appelle Nissim Black », me dit le Rav Katz, remarquant mon regard curieux dirigé sur lui.

Nissim entend son nom et sourit timidement. Il a l’habitude d’être l’objet de conversations, car, dès son plus jeune âge, il est monté sur scène. Mais si, dans le passé, la célébrité et la scène étaient son pain quotidien et le cœur de son existence, aujourd’hui, il considère la célébrité avec une certaine perplexité et même, du ressentiment. « Un Juif doit se faire connaître par ses Mitsvot et les bonnes actions qu’il accomplit, me dit-il. Tout le reste n’est que bêtises et vanité. »

Il prononce ces derniers termes avec la prononciation yiddish et un geste de mépris qui n’aurait pas fait honte à un vétéran ‘Hassid Breslev qui exprime son avis sur les vanités de ce monde. Mais Nissim Black n’est pas un ‘Hassid ordinaire. Même dans cette ‘Hassidout qui a bénéficié de l’entrée d’un nombre important de personnes revenues à leurs sources et issues de toutes les composantes de la société, l’histoire de Black est exceptionnelle. Lorsqu’il marche avec ses enfants et son beau-frère dans les ruelles conduisant à la tombe de Rabbénou, il est difficile de croire qu’il y a à peine quelques années, cet Avrekh qui consacre chaque instant de sa vie à la Torah était un artiste de la scène américaine, une étoile montante du « ghetto » afro-américain de Seattle. A cette époque, Black lui-même aurait eu du mal à croire qu’il quitterait cette vie de débauche et de vide et s’attacherait de toutes ses forces à la Torah de Rabbénou.

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