Tsedek-Info d’Israël n° 118 – juillet-août 2016

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Tsedek-Info d’Israël n° 118 – juillet-août 2016

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Distinctions & performances

– Au concours international de 3 Days Start-Up (3DS), organisé par Bronica Entrepreneurship Center du Technion de Haifa, Omer Arad a obtenu le 1er prix pour avoir développé un bracelet de détresse portable « Blu » qui permet à un plongeur d’appeler son partenaire qui ne le voit pas. Par la voie de la lumière et des vibrations, une pression sur un bouton transmet un signal à un plongeur jumelé.
– Amir Goldenthal est un adolescent génial d’Ashdod. Il a remporté le prix du meilleur article de recherche lors de la Conférence des lauréats du prix Nobel au Japon.
– Shani Elitzur, doctorante à la faculté de génie aérospatiale du Technion a fini 3ème sur une centaine de finalistes au concours international « Falling Walls », (ou faire tomber les murs), basé à Berlin. Elle a développé une technologie novatrice de production d’énergie à partir d’hydrogène in situ, sans qu’il y ait besoin de stocker l’hydrogène et avec un meilleur rendement que les procédés connus.
– Selon le site FirePower (GFP), l’armée israélienne est la 11ème plus forte armée parmi celles de 126 pays et selon une cinquantaine de critères. Elles la 1ère au Moyen Orient.
– Le judoka Ouri Sasson, médaille d’or au Grand Prix à Tbilissi, est classé parmi les 8 meilleurs du monde dans la catégorie des plus de100 kilos.
– L’équipe de gymnastique rythmique s’est imposée lors des 30ème Internationaux de Thiais (France), remportant la médaille d’or à l’exercice des cinq rubans.
– Daniel Samohin, 17 ans, a gagné la médaille d’or au championnat international de patinage junior à Debrecen, Hongrie

High Tech

– Skyfi est une start up de Rosh Haa’yin qui défie les « grands », Facebook ou Google, car il lui suffit de mettre sur orbite un bouquet de 60 nano-satellites pour couvrir en internet la terre entière ! Selon son président Raz Itzhaki Tamir, pour obtenir le même résultat Google a besoin de gros ballons à haute altitude et Facebook d’une combinaison de drones et de gros satellites. De la dimension d’une boîte à chaussures, le nano-satellite déploie dans l’espace une antenne ayant la forme d’un parachute. Cette antenne corrige automatiquement les imperfections des émissions reçues et devient un puissant ré-émetteur à faible coût. 40% de la population mondiale n’est pas encore connectée.
– La société IDE Technologies, leader mondial du marché du dessalement de l’eau de mer, développe des usines flottantes au Japon. Un premier bateau de dessalement sera lancé en 2017. Il aura une capacité de production de 120 000 m3 d’eau douce par jour. Udi Tirosh, directeur du développement précise : « Les usines flottantes ne concurrencent pas les usines fixes sur terre, car elles constituent une alternative provisoire, dans le cas où les nappes phréatiques peuvent être restaurées ».
– La start-up Stratasys a réussi à utiliser la technologie d’impression 3D PolyJet pour fabriquer des objets capables d’avoir leur forme modifiée une fois plongés dans l’eau. Cette avancée dans l’impression est appelée « 4D ». Selon Daniel Dikovsky, directeur de la recherche « Inspiré de la nature, ce procédé pourrait notamment servir à créer des tissus intelligents, de l’électronique souple, des équipements biomédicaux, voire, un jour, des organes vivants… Une innovation qui ouvre la voie aussi à la création de meubles en kit capables de s’auto-assembler, de vêtements qui se transforment en fonction de la météo ou encore d’éléments de carrosserie automobile qui s’adaptent selon la vitesse…. »
– La startup Utilight, utilise l’impression 3D pour fabriquer des cellules photovoltaïques (CPV) plus rapidement et à moindre coût. Appelée « Pattern Transfer Printing – PTP » ou « impression par transfert de forme » cette méthode est adaptée pour fabriquer de grands volumes de CPV , l’application de la couche de métal sur les plaquettes de silicium étant plus économique. PTP, évite l’usage excessif de matériaux comme la pâte d’argent et permet à chaque cellule créée de produire plus d’énergie. De plus le système Utilight peut être installé aisément dans toutes les lignes de fabrication existantes.
– Phinergy a mis au point un nouveau type de batterie aluminium/air, l’air servant de cathode, qui fonctionne comme une pile à combustible : au contact de l’eau contenue dans la batterie et de l’air extérieur, les plaques d’aluminium produisent une réaction chimique libérant de l’électricité qui alimente la batterie et le moteur du véhicule. La technologie lithium-ion développe une densité moyenne de 200 Wh/kg, celle de l’aluminium-air atteint 8 000 Wh/kg, soit une densité 40 fois supérieure. Cette batterie « métal-air » aurait ainsi une autonomie de 1600 kilomètres, soit huit à dix fois plus que les modèles électriques les plus connus. Elle est donc adaptée pour les longues distances. Selon le PDG Aviv Tzidon, cette technologie, qui n’est pas plus chère que celle du lithium/ion, pourrait se retrouver sur les routes d’ici 2017.

Archéologie

– Selon l’Autorité des Antiquités d’Israël (AAI), lors de fouilles effectuées dans la Cité de David, située dans le parc national des Murailles de Jérusalem, un sceau de 2500 ans, portant le nom « Elihana bat Gael » a été découvert, ainsi qu’un autre sceau portant le nom « Saaryahou ben Shabenyahou ». Selon les responsables des fouilles, Dr Doron Ben-Ami, Yana Tchekhanovets et Salome Cohen, le 1er nom est celui d’une femme qui bénéficiait d’un statut exceptionnel par rapport aux autres femmes de l’époque du 1er Temple : elle disposait du droit légal de faire des affaires et de posséder des propriétés. Les sceaux personnels servaient à signer des documents et étaient généralement encastrés dans une bague portée par le propriétaire. Dans l’antiquité, ils indiquaient l’identité, la généalogie et le statut de leur porteur. Ayant un statut économique inférieur, les femmes portant un sceau étaient très rares, d’où l’intérêt de cette découverte.
– Dr Erez Ben-Yossef, de l’Université de Tel Aviv, et son équipe ont découvert dans les anciennes mines de cuivre de Timna une collection de tissus en laine de moutons pour la plupart et datant de l’époque du roi David et de son fils Salomon. Il précise: « Aucun textile n’a jamais été trouvé sur les sites de fouilles, que ce soit à Jérusalem, Megiddo ou encore Hazor. C’est une découverte unique qui va nous permettre de mieux connaitre cette époque biblique. Nous avons retrouvé des fragments de textiles qui proviennent de sacs, de vêtements, de tentes et de cordes »- Selon Orit Shamir, de l’AAI: « Les pièces sont de différentes tailles, de différentes couleurs, et les décorations sont très techniques. Certains de ces tissus ressemblent aux textiles seulement connus de l’époque romaine » – Les conditions climatiques arides qui règnent dans la vallée de l’Arava ont permis la préservation pendant plus de 3000 ans de matières organiques, y compris des semences agricoles, du cuir et d’autres objets extrêmement rares, ouvrant une fenêtre unique sur la culture et les pratiques de cette période.
– Près d’une résidence orthodoxe, les archéologues de l’AAI sous la direction d’Alex Wiegmann, ont découvert un bain romain et un atelier vinicole avec pressoirs datant de 16 siècles, bien préservés, dans le manoir historique Schneller, ancien orphelinat puis bâtiment militaire. On y a découvert aussi des canalisations en terra cota et des briques avec l’estampille de la 10ème armée romaine, qui a sévi jusqu’au 4ème siècle.
– Lors d’une excursion dans la vallée de Beit Shaa’n, dans le parc archéologique Tel Rehov, Uri Grinhot, 7 ans, a découvert une statuette de femme nue en calcaire. Selon Amichai Mazar, professeur à l’Université de Jérusalem, il s’agit d’Astarté, déesse de la fertilité de l’époque de Canaan, – 1600/-1400,
– Sur le site de construction d’une route, près de Shouafat, au nord de Jérusalem, Ronit Lupo, directrice à l’AAI et son équipe ont découvert une implantation datant du calcolithique, ayant 7000 ans d’âge. A cette époque, on utilisait à la fois des outils en pierre et en cuivre. On a trouvé dans 2 maisons des fragments d’ustensiles bien conservés de poterie, un bol en basalte, des outils de silex, une hache, des ciseaux et des poinçons, un anneau en cornélienne. L’ensemble de ces objets découverts illustrent une culture technique avancée pour l’époque.
– D’après une étude menée par Pr Ran Barkai et Pr Avi Gopher du Département d’archéologie de l’Université de Tel-Aviv, les premiers humains qui vivaient dans la Grotte de Qesem à 25 km à l’est de Tel-Aviv dépeçaient les tortues, les cuisinaient de diverses manières et les utilisaient comme complément alimentaire, il y a plus de 400 000 ans. Selon Pr Barkai, « La Grotte de Qesem représente une étape extraordinaire de l’évolution biologique et culturelle de l’homme… C’est dans cette grotte, découverte en 2000, que l’on a retrouvé les traces de la première preuve de l’utilisation d’un feu permanent pour griller la viande, ainsi que des témoignage très anciens de recyclage d’outils et la preuve la plus archaïque de l’existence d’un type humain, qui est peut-être l’ancêtre de l’homme moderne dans la région, une découverte qui remet en question la conception conventionnelle selon laquelle l’origine de l’Homo Sapiens se trouve en Afrique orientale…. Dans certains cas, les tortues étaient rôties entières dans leur carapace, dans d’autres cas, on cassait la carapace au moyen d’outils en silex, puis on démembrait l’animal. Les tortues ont été consommées dans la grotte de Qesem tout au long des 200 000 années durant lesquelles elle a été habitée, mais selon des méthodes différentes d’après les périodes. Nous avons retrouvé des os de tortues, qui sont très petits, sur lesquels on distingue à la fois des signes de brisure, d’entailles, et des traces de brûlures. C’est une découverte inhabituelle. En effet, on n’est pas forcé de dépecer une tortue, comme on le fait pour la carcasse d’un gros mammifère. Les tortues du type de celles qui étaient consommées dans la grotte fournissent, tout au plus 190 grammes de viande. C’est-à-dire une quantité minime que l’on peut manger en une ou deux bouchées. Et pourtant ces humains les dépeçaient, avec des outils presque chirurgicaux, comme pour en fabriquer des plats gastronomiques…. »
– Implantation de l’époque biblique du 2ème Temple, Magdala (qui a donné le nom apostolique Maria Magdalena) est riche en vestiges. L’AAI y a découvert une synagogue dont les murs sont ornés de plâtre coloré et dont les sols sont recouverts de mosaïque, des bains rituels, un marché et des équipements artisanaux. Arfan Najar et son équipe ont découvert récemment une pelle à encens (mehta en hébreu) et une cruche en bronze. La pelle était utilisée dans le Temple sur le plan rituel pour transporter l’encens. Puis elle a été plus communément utilisée pour porter des braises et elle est souvent représentée comme dessin sur le plancher mosaïque, au même titre que le chandelier à 7 branches.

Révélations

Le saviez-vous ? Windward, est une application créée par Ami Daniel, qui facilite le repérage instantané et la surveillance de tous les bateaux qui naviguent en un lieu donné, par tout temps. Aujourd’hui, 50% des navires naviguent sous pavillon de complaisance, et 1% sans pavillon, ce qui autorise tous les trafics, armes, drogues, migrants… et la piraterie. Bien que périlleuses, les interceptions en mer sont les plus efficaces et WindWard facilite leur réalisation rapide.
Le saviez-vous ? Dr. Tal Dvir et son doctorant Ron Feiner du Département de micro-biologie moléculaire et biotechnologie de l’Université de Tel-Aviv ont mis au point un patch organique contrôlable à distance pour réparer les tissus cardiaques endommagés. Le nouveau patch, qui combine l’électronique et les tissus vivants est susceptible de révolutionner la recherche cardiaque et de constituer dans un avenir proche une alternative aux problématiques greffes du cœur.

Inventions et découvertes

– Pr. Zelig Ash’har, lauréat du Prix Israël et directeur du Département d’Immunologie à l’Institut Weizman a mis au point un traitement inédit des leucémies de type lymphoblastique aiguë. Le traitement consiste à extraire des lymphocytes T (globules blancs) du patient, de les modifier génétiquement, puis de les réinjecter dans le sang du malade. Ces cellules « tueuses » repèrent ensuite les cellules cancéreuses et les détruisent. A ce jour le taux de guérison a atteint les 94%.
– Les chercheurs du Technion de Haifa, Lilac Amirav, Philip Kalisman, et Yifat Nakibli ont progressé dans le développement de l’hydrogène comme énergie propre et renouvelable à partir de l’eau et du soleil, en deux étapes, une réduction photocatalytique, puis une oxydation. La réduction photon-vers-hydrogène a atteint une efficacité de 100% grâce à de nouveaux catalyseurs artificiels.
– Tsahal a mis au point un système de caméras appelé « Savir » qui permet à l’opérateur de voir des images en haute résolution, à travers le brouillard ou les nuages. Ce système identifie des personnes en mouvement à une distance de plus de deux kilomètres, dans de mauvaises conditions climatiques et jusqu’à 20 kilomètres, en cas de bonne visibilité. Utilisable sur terre ou en mer, le système est monté sur la plate-forme « Speed ​​LR », fabriquée par la société « Controp », de Hod Hasharon, spécialisée dans les technologies de surveillance. Ce système pourra remplacer l’imagerie radar utilisée à ce jour mais insuffisante sur le plan des performances dans de mauvaises conditions climatiques.

Problèmes de société

– Selon un sondage de l’Institut Adler, à Herzliya, portant sur 300 sujets de 13/18 ans, 48% des parents israéliens admettent ne pas parler directement avec leurs enfants sur une base quotidienne et 40% des jeunes confirment ces résultats. L’absence de contact direct serait due aux rudes journées de travail des parents et à l’utilisation du portable dans des messages écrits (32% WhatsUp, 22% Sms, 5% email) ou oraux (16%).
25% des jeunes ne savent rien de leurs parents, même pas le métier. Cette réalité crée un cercle vicieux et une perte de contrôle, une perte d’autorité et une perte de respect, l’aliénation, la solitude et la détresse qui s’expriment souvent dans la violence.

Culture

Betipoul, Hatoufim, The Affair et False Flag (Kfoulim) sont des séries israéliennes à succès. Elles sont devenues des références mondiales. Elles sont toujours copiées, mais jamais égalées.
Tout a commencé par Betipul en 2005: une série dramatique qui met en scène les consultations hebdomadaires du psychothérapeute Reuven Dagan. Cette série a été adaptée dans 20 pays. Puis « The Affair », de Hagai Levi, où deux protagonistes racontent la manière dont ils ont trompé leurs conjoints, a décroché le Golden Globe de la meilleur série dramatique, début 2015. En 2010, Hatoufim – « Prisonniers de guerre » connaît un succès fulgurant, inspirant la série américaine « Homeland ». En 2015, Keshed, le producteur israélien diffuse la série « Dig » produite aux Etats-Unis, thriller façon Da Vince Code, un agent du FBI enquêtant sur le meurtre d’un archéologue, et, en recherchant l’assassin, il va mettre à jour une conspiration religieuse vieille de 2000 ans. « Supersize Me » a été adaptée aux Etat-Unis, « Rising Star « , compétition de chant, a été adaptée dans 25 pays….!
« Nous sommes un peuple de « storytellers », de conteurs. Si l’on a vendu autant de séries, originales ou remakes, c’est en raison de leur qualité d’écriture », commente Keren Shahar, directrice de la distribution de Keshet International. « Ici, on n’a pas les moyens de produire des séries à grand renfort d’action et d’effets spéciaux » – La tradition a cependant toujours été celle de privilégier les personnages plutôt que l’action. C’est un modèle unique, fait d’exigence scénaristique, de talent dramatique avec de faibles moyens de production.

Santé

– Dr Shani Elyahou Gross, VP de Core Scientific Creations, start up basée à Kfar Saba, a inventé et mis sur le marché un bandage coagulant « WoundClot » qui transforme les liquides en gels, en quelques secondes, ce qui représente une avancée pour la chirurgie et pour stopper les hémorragies. Ayant une structure moléculaire particulière, ce bandage commence par absorber une grande quantité de sang, pour ensuite changer d’état et devenir un gel. Il ne nécessite aucune pression sur la plaie, ce qui le rend très utile dans les zones à risques, pour arrêter rapidement une hémorragie
– Une étude de l’université de Haïfa montre qu’une trop longue utilisation du portable diminue la concentration en spermatozoïdes. Téléphoner pendant que l’appareil est en cours de chargement ferait baisser de 33,3 à 66,7% la concentration en spermatozoïdes. La fertilité masculine est menacé, si le portable se trouve moins de 50 cm du bas ventre. Il est conseillé d’utiliser des écouteurs, de déconnecter le portable pendant son chargement. La baisse de concentration en spermatozoïdes observée depuis des années est responsable de 40 % des problèmes de fertilité.
– Sous la direction du Pr. Yonina Eldar, le département d’ingénierie électrique du Technion de Haïfa, a mis au point un appareil à ultrasons portable et très performant qui permet d’effectuer l’imagerie médicale dans des lieux d’accidents, de catastrophes naturelles ou dans des zones éloignées ou défavorisées qui ne disposent pas d’infrastructures médicales suffisantes. Il présente de nombreux avantages, car il est économique, facilement transportable et beaucoup plus rapide dans l’analyse des données
– Pr Avigdor Scherz et Pr Yoram Salomon ont développé un traitement du cancer de la prostate qui cible la tumeur, sans endommager les tissus sains. Il consiste en une longue injection intraveineuse de dix minutes, suivie de l’exposition à la lumière de la tumeur pendant 22 minutes, par le biais de minuscules fibres optiques. Il semble que ce soit le seul traitement à ce jour qui évite tout dysfonctionnement érectile et des effets secondaires urinaires ou autres.

Internet

L’application BreezoMeter, mesure la pollution de l’air, en analysant en temps réel les valeurs de mille capteurs installés dans le monde entier. Elle a actuellement 50 millions d’utilisateurs.

Sources: Jerusalem Post, IsraelValley, SiliconWadi — contribution: Albert SOUED